Les violences sexuelles

Portrait au Québec

Il s’avère difficile d’obtenir des données statistiques exactes portant sur le nombre d’agressions sexuelles commises chaque année au Québec puisque la majorité des personnes ne déclarent pas à la police les agressions sexuelles subies. Certaines études soutiennent que les agressions sexuelles sont les infractions contre la personne les moins signalées aux autorités policières. La honte ou la peur ressentie par les victimes, ainsi que les tabous, les mythes ou les préjugés à l’endroit de ces crimes, sont un obstacle à la dénonciation. Néanmoins, on estime qu’une femme sur trois et qu’un homme sur six subirait au moins une agression sexuelle au cours de sa vie. (ROCALACS)

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En 2016, 87,2% des victimes étaient de sexe féminin. Une augmentation de 9,1% par rapport à 2013. 1

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84,2% des victimes recensées en 2016 connaissaient leur agresseur. 2

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Près de 17% des victimes ont déclaré avoir subi au moins trois conséquences émotionnelles à long terme, ce qui révèle la possibilité de trouble de stress post-traumatique. 3

Chez les enfants

  • En 2014, au Québec, 53,4% des victimes d’infractions sexuelles enregistrées
    par les corps policiers étaient âgées de moins de 18 ans4;
  • En 2013, le nombre d’infractions sexuelles enregistrées par les corps policiers étaient trois fois et demie plus grandes chez les filles que chez les garçons5;
  • Dans près de 97 % des cas d’agression sexuelle corroborés par les services de protection de la jeunesse, l’agresseur était connu de la victime, soit une figure parentale dans 33 % des cas ou un membre de la fratrie dans 32 % des cas.6

4 Ministère de la sécurité publique du Québec (2015).

5 Collin-Vézina, D. et Turcotte, D. (2011, juin). L’abus sexuel envers les enfants au Canada : les victimes, les auteurs et les contextes. Communication présentée au Colloque international sur l’exploitation sexuelle des enfants et des conduites excessives. La Malbaie, Canada. Tiré du site internet de l’INSPQ.

6 Définition du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec

Le consentement libre et éclairé c’est : 16

Être consentant, c’est :

  • Être d’accord
  • Mutuel, partagé, réciproque
  • Échanger
  • Clarifier les attentes, les désirs et les intentions
  • Nommer, dire
  • Avoir l’âge légal pour consentir

La liberté, ce n’est pas

  • Domination
  • Menaces
  • Intimidation
  • Contrainte
  • Humiliation
  • Agression
  • Manipulation
  • Contrôle
  • Abus de confiance
  • Pouvoir, autorité
  • Chantage
  • Forces
  • Récompenses

Voir clair, c’est :

  • Le message doit être clair pour toutes les personnes concernées (pas d’interprétation, vocabulaire, langage)
  • Avoir la maturité (avoir les capacités intellectuelles pour comprendre et accepter la demande)
  • Ne pas être intoxiqué.e (alcool, drogues, médicaments)

16 Outil développé par le Centre d’intervention en délinquance sexuelle de Laval

Agressions sexuelles

Qu'est-ce qu'une agression sexuelle?

Une agression sexuelle7 est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par chantage.

Il s’agit d’un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l’utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite.

Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l’intégrité physique et psychologique et à la sécurité de la personne.

 

7 Définition du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec

Cette définition s’applique, peu importe l’âge, le sexe, la culture, la religion et l’orientation sexuelle de la personne victime ou de l’agresseur sexuel, peu importe le type de geste à caractère sexuel posé et le lieu ou le milieu dans lequel il a été fait, et quelle que soit la nature du lien existant entre la personne victime et l’agresseur sexuel.

Une agression sexuelle peut prendre plusieurs formes :

Baisers

à caractère sexuel.

Attouchements

seins, cuisses, fesses, pénis, vulve, anus.

Masturbation

de la personne par l’agresseur et vice-versa.

Contact oral-génital

  • fellation : intromission du pénis de l’agresseur dans la bouche de la victime ou du pénis de la victime dans la bouche de l’agresseur.
  • cunnilingus : contact, avec la bouche, des organes génitaux de la fille ou de la femme.

Pénétration

pénétration vaginale ou anale par le pénis, les doigts ou un objet.

Harcèlement sexuel

toutes formes d’attentions ou d’avances non désirées à connotation sexuelle qui provoquent l’inconfort, la crainte et menacent le bien-être d’une personne. Cette forme d’agression sexuelle peut comprendre les regards insistants, les paroles, les gestes, les attouchements, les menaces, les propositions, les blagues et l’affichage de matériel pornographique.

Exhibitionnisme

terme qui décrit le comportement d’une personne qui montre ses parties génitales en public.

Frotteurisme

terme qui décrit le comportement d’un individu qui recherche le contact physique avec des
personnes non consentantes, dans des endroits publics. Par exemple, c’est tenter de frotter ses organes sexuels sur des inconnus dans le métro.

Pornographique juvénile

Visionnement, téléchargement, distribution ou production : « toute représentation, par quelque moyen que ce soit, d’un enfant s’adonnant à des activités sexuelles explicites, réelles ou simulées, ou toute représentation des organes sexuels d’un enfant, à des fins principalement sexuelles »8

L'exploitation sexuelle

L’exploitation sexuelle implique qu’une personne profite du corps d’une autre à des fins sexuelles en vue d’en tirer un avantage (financier ou autre).11

Généralement, l’exploiteur profitera de l’état de vulnérabilité ou de dépendance de sa victime, dont la dépendance aux drogues ou à l’alcool. L’exploiteur (homme ou femme) peut être mineur ou majeur et il peut agir pour son compte personnel ou pour le compte d’une organisation criminelle (gang de rue, crime organisé).  

11 Tiré du site internet du Secrétariat à la condition féminine, gouvernement du Québec

Plusieurs formes de violence sont utilisées par l’exploiteur pour maintenir son emprise sur sa victime et l’obliger à se prostituer. Par exemple, l’exploiteur peut :

Formes de violence

  • mentir à sa victime en lui promettant des cadeaux ou des récompenses (violence psychologique);  
  • manipuler sa victime en se montrant vulnérable et démuni, cherchant à recevoir son soutien, d’abord, moral et ensuite, financier (violence psychologique et économique); 
  • faire croire à sa victime qu’il est follement amoureux d’elle (violence psychologique); 
  • faire du chantage ou menacer verbalement sa victime (violence psychologique et verbale); 
  • emprunter de l’argent au nom de sa victime (frauder sa victime) (violence économique); 
  • amener sa victime à commettre des actes criminels pour mieux la manipuler par la suite (violence psychologique); 
  • dominer sa victime en la menaçant physiquement ou en la frappant (violence physique); 
  • menacer de s’en prendre aux membres de la famille de la victime (violence psychologique); 
  • faire subir des agressions sexuelles à sa victime (violence sexuelle); 
  • séquestrer sa victime, la priver de nourriture ou de vêtements pour mieux la contrôler (violence psychologique, économique et physique)   
  • etc.

Les conséquences possibles chez les personnes victimes d’agression sexuelle9

À la suite d’une agression sexuelle, diverses conséquences peuvent survenir sur une période de temps variable, débutant soit immédiatement après l’agression sexuelle ou plusieurs années plus tard. Il faut aussi se rappeler que les conséquences qui sont fréquemment répertoriées à la suite d’une agression sexuelle ne sont pas exclusives à cette problématique.

Les conséquences peuvent se répercuter à différents niveaux chez une personne :

  • Tremblements, sursauts
  • Hyperactivité ou manque d’énergie
  • Palpitations, crises de panique
  • Maux de tête
  • Infections transmissibles sexuellement
  • Blessures
  • Douleurs physiques, différentes somatisations, tensions musculaires
  • Trouble du sommeil
  • Troubles de l’alimentation (anorexie, boulimie)
  • Perception négative de soi et du monde extérieur
  • Hypervigilance, insécurité
  • Difficultés à prendre des décisions
  • Difficultés d’attention et manque de concentration
  • Perte de mémoire, déni
  • Dissociation
  • Reviviscences (images intrusives, cauchemars, pensées envahissantes)
  • Découragement
  • Idées suicidaires
  • Culpabilité 
  • Peur, tristesse, honte
  • Irritabilité, colère, rage, désir de vengeance
  • Impuissance
  • Difficulté à se sentir en sécurité chez soi ou à l’extérieur
  • Perte de joie de vivre, sentiment de vide intérieur, état de déprime
  • Estime de soi diminuée
  • Perte de confiance en la vie et en autrui
  • Sentiments de fragilité et de vulnérabilité permanents
  • Isolement, repli sur soi, retrait
  • Difficultés d’affirmation
  • Évitement (endroits, individus ou situations rappelant l’agression)
  • Comportements agressifs, impulsivité
  • Consommation (alcool, drogues, médicaments)
  • Problèmes relationnels (intimité, sexualité, communication)
  • Évitement des émotions
  • Automutilation
  • Tentatives de suicide
  • Plus grande vulnérabilité à la revictimisation
  • Hypersexualité
  • Nous remarquons que certains problèmes de santé mentale peuvent également être présents :
  • Dépression, anxiété
  • État de stress post-traumatique
  • Trouble de personnalité limite
  • État psychotique

9 Outil développé par Évelyne Donnini et Catherine Séguin-Savioz dans le cadre de la formation « L’intervention individuelle post-traumatique 1 : évaluer, comprendre et traiter le trauma ».

Les personnes qui ont vécu une agression sexuelle ne présentent pas toutes les mêmes conséquences. Les réactions peuvent être influencées par divers facteurs : l’âge au moment de l’agression, la fréquence et la durée des agressions sexuelles, le lien entre la victime et l’agresseur, la nature des gestes posés, le contexte de l’agression sexuelle (menaces, violence, peur de mourir), les réactions des personnes de l’entourage au moment du dévoilement, le délai pour recevoir de l’aide et les ressources personnelles de la victime.

Trousse de réconfort10

Une trousse de réconfort est un ensemble de choses, d’objets que vous conservez à la portée de la main et que vous pouvez utiliser quand vous vous sentez anxieuse, triste, angoissée, submergée ou tout simplement quand vous avez besoin d’un peu de réconfort.

Il est suggéré de vous procurer un contenant avec un couvercle (petite boîte, coffret, etc.) où vous pourrez conserver le contenu de votre trousse de réconfort.

  • Objet symbolique (talisman, bijoux, bibelot, bout de tissu, porte-bonheur, etc.);
  • Photos d’objets, d’éléments ou de paysages, trop grands pour être mis dans une boîte. (photo de famille,
    de la mer, votre foyer, etc.);
  • Chose qui vous rappelle une odeur réconfortante (parfum, baume, pot-pourri, etc.);
  • Techniques d’ancrage et de respiration;
  • Poèmes, textes, petites phrases réconfortantes;
  • Numéro de téléphone de personnes sur qui vous pouvez compter;
  • Toutes les autres choses que vous trouvez réconfortantes.
  • Écouter sa musique préférée;
  • Prendre un bain relaxant à la chandelle;
  • Marcher dans un parc et prendre le temps d’observer la nature;
  • Se bercer avec un toutou;
  • Respirer;
  • Chanter;
  • Dessiner, écrire;
  • S’envoyer des fleurs « À moi de moi »;
  • Appeler un ou une ami.e.

10 Cet outil a été développé par le Centre de prévention et d’intervention pour les victimes d’agression sexuelle de Laval (CPIVAS).

Harcèlement sexuel12

Des gestes et des paroles à caractère sexuel qui ne sont pas désirés, mais tout de même perpétrés à répétition. Ces gestes suscitent la peur, menacent la santé mentale et la sécurité de la personne à qui ils sont destinés. Ils incluent aussi des communications non consensuelles telles un face-à-face, des appels téléphoniques, courriels ou textos répétés, des menaces, des gestes obscènes, de l’espionnage.

12 Tiré du site internet du CPIVAS

Inceste et abus sexuel13

Activité sexuelle avec une personne qui a un lien de parenté ou qui est une figure parentale. Les personnes ayant un lien de parenté sont la mère ou le père, le frère ou la sœur, le grand-père ou la grand-mère, l’oncle ou la tante, le cousin, ou la cousine. Les personnes constituant une figure parentale sont le beau-père ou la belle-mère, le demi-frère ou la demi-sœur ou encore le ou la responsable de famille d’accueil.

12 Tiré du site internet du CPIVAS

Les gestes sexuels inappropriés

En construction

Cyberviolence

Technique qui consiste à traquer une ou plusieurs personnes à l’aide de courriels, de textos ou par l’entremise des
médias sociaux. La victime voit ses communications en ligne surveillées, interceptées ou perturbées et elle ressent une variété d’émotions, dont la peur et la colère. 14

Utilisation inadéquate des technologies de la communication telles l’Internet, le courrier électronique, différentes
applications, les textos, etc. pour diffuser des messages, des photos ou des vidéos à caractères sexuels sans le consentement de la personne qui les reçoit. Les messages contiennent généralement des tentatives sexuelles en
vue d’obtenir des faveurs ou des relations sexuelles.15

14, 15  Tiré du site internet du CPIVAS

Saviez-vous que?

  • La consommation de drogue et d’alcool ne peut excuser un geste d’agression sexuelle
  • Une tenue vestimentaire ne peut provoquer une agression sexuelle
  • Le silence n’est pas une forme de consentement
  • À tout moment, lors de contacts sexuels, vous pouvez choisir de dire « non »
  • Le corps peut ressentir des sensations de plaisir au moment d’une agression sexuelle.

Le dévoilement

Dévoiler une agression sexuelle n’est pas une décision facile à prendre. Pour différentes raisons, plusieurs victimes hésitent à dévoiler leur agression. Il est probable que :

Craintes possibles

  • Vous craigniez l’agresseur et avez peur des représailles;
  • Vous avez l’impression d’être seul.e à vivre une telle situation;
  • Vous avez honte de ce qui vous est arrivé;
  • Vous avez l’impression d’être responsable de ce qui vous arrive;
  • Vous avez peur de ne pas être cru.e;
  • Vous avez parfois des sentiments confus à l’égard de l’agresseur;
  • Vous craigniez les démarches judiciaires;
  • Vous craigniez de perturber la vie de vos proches;
  • Vous craignez les réactions ou les remarques de votre entourage;
  • Vous croyiez que cela fait trop longtemps que c’est arrivé.

Malgré ces craintes, il est essentiel de retenir que le premier pas pour réussir à surmonter les conséquences d’une agression sexuelle consiste à briser le silence et à demander de l’aide. Briser le silence et obtenir de l’aide ne signifie pas de porter plainte. Il importe de savoir que vous pouvez avoir de l’aide et décider de ne pas porter plainte, et que vous n’aurez pas de pression à cet égard.

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