Table de Concertation en Violence Conjugale et Agressions à Caractère Sexuel de Laval

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Est-ce que vous êtes victime de violence conjugale?

Index de l'article
Est-ce que vous êtes victime de violence conjugale?
Définition de la violence conjugale
Différentes formes de violence conjugale
Chicane de couple ou violence conjugale?
Le cycle de la violence conjugale : plus que des comportements isolés
Victime de violence conjugale, moi?
Les conséquences de la violence conjugale
Décisions et actions
Démarches pour la suite des choses
Si vous regrettez
Vous voulez trouver de l'aide
Toutes les pages

 

Mise en contexte

« Tous les couples se chicanent, c’est normal… » 
« Il faut que je pense aux enfants… »
« C’est moi qui ai commencé de toute façon… »  
« Oui, mais je l’aime! » 
Vous venez de vous reconnaître dans l’une ou plusieurs de ces phrases?

Si vous avez cliqué sur cette section du site Web, c’est probablement parce que vous vous questionnez sur la violence conjugale et que vous cherchez un peu plus d’informations pour vous éclairer.

Dans les pages qui suivent, vous pourrez trouver des définitions de la violence conjugale et des différentes formes qu’elle peut prendre, mais aussi des outils qui vous aideront à mieux vous situer. Par exemple, vous trouverez un tableau qui différencie la violence conjugale d’une chicane de couple, des questionnaires qui alimenteront votre réflexion, des aide-mémoire pour préparer votre départ, si c’est ce que vous souhaitez, et plus encore.

Cette section du site Web a été inspirée de notre guide de sensibilisation « Brisez le silence ». Si vous souhaitez consulter l’intégrale de ce guide de sensibilisation, vous pouvez cliquer ici.


Définition de la violence conjugale

Définition Il existe plusieurs définitions de la violence conjugale. Voici celle présentée dans la Politique québécoise d’intervention en matière de violence conjugale :

« La violence conjugale se caractérise par une série d’actes répétitifs, qui se produisent généralement selon une courbe ascendante. Les spécialistes appellent cette progression «l’escalade de la violence». Elle procède, chez l’agresseur, selon un cycle défini par des phases successives marquées par la montée de la tension, l’agression, la déresponsabilisation, la rémission et la réconciliation. À ces phases correspondent chez la victime la peur, la colère, le sentiment qu’elle est responsable de la violence et, enfin, l’espoir que la situation va s’améliorer. Toutes les phases ne sont pas [toujours] présentes et ne se succèdent pas toujours dans cet ordre. La violence conjugale comprend les agressions psychologiques, verbales, physiques et sexuelles ainsi que les actes de domination sur le plan économique. Elle ne résulte pas d’une perte de contrôle, mais constitue, au contraire, un moyen choisi pour dominer l’autre personne et affirmer son pouvoir sur elle. Elle peut être vécue dans une relation maritale, extramaritale ou amoureuse, à tous les âges de la vie »1.

Aussi, plusieurs organismes qui font de l’intervention et de la sensibilisation pour prévenir la violence conjugale utilisent la définition de l’Organisation des Nations Unies (O.N.U.) et expliquent la violence conjugale comme étant l'une des violences faites aux femmes :

« …la violence à l’égard des femmes traduit des rapports de force historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination et à la discrimination exercées par les premiers et ayant freiné la promotion des secondes, et [...] elle compte parmi les principaux mécanismes sociaux auxquels est due la subordination des femmes aux hommes. » La violence à l’égard des femmes désigne « …tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée. »2

Légende & sources


Différentes formes de violence conjugale3

La violence conjugale peut revêtir plusieurs visages. Les voici :

Économique

La plus méconnue.

Sachez que la situation n’est pas normale si…

  • Votre conjointE surveille et restreint de façon excessive les ressources financières et matérielles familiales (que vous travailliez à l’extérieur ou non);
  • Votre conjointE exige que vous lui rendiez compte de chaque dépense;
  • Sous prétexte de faire le plus gros salaire, votre conjointE met fréquemment en péril le budget familial par des dépenses imprévues;
  • Votre conjointE contracte des dettes sans votre consentement, vous empêche de travailler, exige votre paie, vous vole, etc;
  • Votre conjointE vous récompense matériellement suite à ses sautes d’humeur.
Sexuelle

La plus taboue.

De tous les abus dont elles sont victimes, c'est la violence sexuelle que les personnes violentées reconnaissent et admettent le moins facilement. Vous vivez de la violence sexuelle si, votre conjointE :

  • Vous force à avoir des rapports sexuels avec lui/elle ou avec d'autres personnes ;
  • Vous oblige à porter des vêtements érotiques, à regarder du matériel pornographique, à prendre des positions que vous n’aimez pas;
  • Dénigre votre physique et vos habiletés sexuelles, vous humilie en vous comparant à d’autres personnes;
  • Vous pousse à avoir des relations sexuelles non-protégées malgré les risques.
Verbale

La plus banalisée.

La violence verbale, quant à elle… s’entend, et prend différentes formes : crier, menacer, donner des ordres, mais aussi chuchoter, insulter, dénigrer, utiliser le chantage…

Si vous êtes victime de violence verbale, vous aurez sans doute appris à reconnaître la menace se cachant derrière les répliques de votre partenaire ou derrière le ton qu’il ou elle utilise.

Physique

La plus visible.

C'est la plus connue, et la plus facile à reconnaître. Quand la violence physique se manifeste, la violence psychologique est généralement déjà présente dans la relation de couple.

La violence physique s’exprime de différentes façons et vous en êtes victime s’il vous est arrivé de vous faire : bousculer, pousser, serrer les bras, tirer les cheveux, lancer des objets, menacer avec une arme, infliger des brûlures ou encore des fractures.

Étonnement, on remarque que la plupart des femmes qui sont victimes de violence conjugale le seront pour la première fois pendant une grossesse.

Psychologique

La plus sournoise.

La violence psychologique peut être difficile à reconnaître. Elle ne laisse aucune trace sur le corps et est souvent subtile. Elle ruine votre estime personnelle et vous amène à vous sentir confusE, à douter de vous.

Cette forme de violence contribue à vous faire croire que vous ne valez rien, que tout est de votre faute, que vous ne faites rien correctement. Lentement, vous en viendrez à vous sentir impuissantE et incompétentE.

La violence psychologique s'exprime de diverses façons : critiques, blâmes, bouderies, indifférence, silences, dénigrement. Votre conjointE brise des objets que vous aimez, vous ridiculise et peut même menacer de se suicider.

Légende & sources


Chicane de couple ou violence conjugale?4

Il peut vous sembler ardu de différencier une chicane de couple d’une dynamique de violence conjugale. Pourtant, des éléments importants distinguent ces deux contextes.

Le tableau qui suit présente des critères qui vous permettront de faire la différence.

Tableau Chicane de couple ou violence conjugale

Légende & sources

  • 4) Inspiré de :  CLÉMENT, Rolande et Louise RIENDEAU. 2008. Chicane de couple ou violence conjugale. Pour y voir plus clair, Communication présentée au 1st World Conference of Women’s Shelters, Edmonton, Canada.

Le cycle de la violence conjugale : plus que des comportements isolés5

Tel que mentionné précédemment, la violence conjugale s’exerce au sein d’une relation privilégiée et se caractérise par la répétition de 4 phases. On parle alors du cycle ou d’une dynamique de violence conjugale :

  1. Tension : Des excès colériques, des silences lourds, des intimidations, des regards menaçants.
  2. Anxiété : Vous sentez que ça risque d’aller mal, vous êtes inquiète/inquiet, vous consacrez beaucoup d’énergie à faire baisser la tension. Vous avez peur : vous paralysez et avez l’impression de marcher sur des œufs.
  3. Agression : Verbale, psychologique, physique, sexuelle ou économique.
  4. Colère et honte : Vous êtes humiliéE, triste, vous éprouvez un sentiment d’injustice.
  5. Justification : Votre partenaire trouve des excuses, explique pourquoi il y a eu éclatement : les raisons sont extérieures à lui/elle.
  6. Responsabilisation : Vous croyez et comprenez ses justifications. Si seulement vous pouviez l’aider à changer ! Vous vous ajustez à l’autre, vous doutez de vos perceptions (est-ce vraiment une agression ?), vous vous sentez responsable et votre colère disparaît.
  7. Réconciliation : Votre partenaire fait tout pour se faire pardonner, demande de l’aide, parle d’aller en thérapie.
  8. Espoir : Vous voyez ses efforts de changement, vous lui donnez une nouvelle chance, vous l’aidez, vous retrouvez celui ou celle que vous aimez, vous changez vos attitudes.

Légende & sources


Victime de violence conjugale, moi?

Voici deux courts questionnaires qui pourront vous aider à déterminer si vous êtes victime de violence conjugale:


Les conséquences de la violence conjugale

consequences Subir de la violence, c’est vivre en état d’hypervigilance 24 heures sur 24. Demeurer dans cet état laisse des traces autant émotivement, physiquement que psychologiquement.

 

 

  • Avoir une faible estime de vous, de la difficulté à vous affirmer, douter de vos perceptions, de vos capacités;
  • Avoir une perte d’appétit ou au contraire avoir des épisodes de boulimie, des problèmes digestifs, des maux de tête, des migraines, des baisses d’énergie;
  • Faire de l’insomnie, des cauchemars, avoir des « flash-back »;
  • Être anxieuse/anxieux, angoisséE, faire de l’hyperventilation, des crises de panique;
  • Être confusE, ambivalentE, avoir des pertes de mémoire, des difficultés de concentration, de la difficulté à vous exprimer;
  • Vous sentir coupable, triste, impuissantE, méfiantE, humiliéE;
  • Vivre de l’isolement, de la peur, des problèmes de consommation (drogue – alcool – médicaments), une perte d’emploi;
  • Être dépressive/dépressif, avoir des idées suicidaires ou tenter de vous suicider.

Décisions et actions

Décisions et action Évidemment, une fois que vous avez admis que vous êtes victime de violence conjugale, vous êtes devant un choix. Il est important de bien comprendre les facteurs qui influencent votre choix. Que ce soit pour les enfants, pour votre sécurité économique, pour ne pas vivre seulE, pour éviter de futures agressions, pour conserver la famille, pour retrouver votre liberté, le choix de rester ou de partir vous appartient. Nul n’a le droit de vous juger. Quelle que soit votre décision, il est nécessaire d’assurer votre sécurité et celle de vos enfants.

Il est essentiel de vous créer des scénarios de protection.

En voici quelques exemples :

  • Pour chacune des pièces, identifiez la façon de sortir (fenêtre, porte);
  • Évitez les salles de bain et la cuisine lors d’épisodes de violence ou toute pièce où se trouvent des armes, des couteaux ou des outils;
  • Maintenez le cellulaire ainsi que le téléphone sans fil chargés;
  • Faites une entente avec unE voisinE avec qui vous pouvez convenir d’un code et qui pourra contacter la police en cas d’urgence;
  • Déterminez avec vos enfants un code qui, en situation d’urgence, leur indiquera de communiquer avec unE voisinE, unE amiE ou avec les services d’urgence;
  • Préparez un sac auquel vous aurez accès rapidement si vous devez fuir. Ce sac devrait contenir : de l’argent, vos cartes de guichet et de crédit, les certificats de naissance, les passeports, les cartes d’assurance-maladie, quelques vêtements de rechange pour vous et vos enfants, les doubles des clés, les médicaments, la description et le numéro d’immatriculation du véhicule de votre conjointE.
  • Si vous souhaitez informer votre conjointE de votre départ, vous pouvez lui écrire une lettre;
  • Si vous pensez être suiviE en voiture, dirigez-vous vers le poste de police le plus près.

 


Démarches pour la suite des choses

Vous avez décidé de quitter votre conjointE, mais vous avez peu ou pas de revenus pour faire appel à un avocat. Vous pourriez bénéficier des services gratuits de l’aide juridique. La loi sur l’aide juridique vous permet de choisir unE avocatE permanentE de l’aide juridique ou de pratique privée qui acceptera d’être payéE par l’entremise de l’aide juridique.

Séparation à l’amiable? Médiation familiale?

La loi prévoit une procédure de médiation familiale dans le cas de séparation ou de divorce. Cette loi est entrée en vigueur le 1er septembre 1997. Elle permet aux conjoints légalement mariés, unis civilement ou conjoints de faits avec des enfants de recevoir les services d’un médiateur professionnel lors de la négociation et du règlement de la demande de séparation, de dissolution de l’union civile, de divorce, de garde d’enfants, de pension alimentaire ou de révision d’un jugement existant. Cette démarche se fait avant de passer devant le juge.

Cependant, si vous subissez de la violence conjugale, vous avez le droit d’être excluE de ce processus. En effet, il est reconnu que le contexte de violence conjugale est incompatible avec la médiation, puisque le rapport de force qui existe entre les parties ne permet pas une réelle négociation d’égalE à égalE.

Si vous êtes mariéE

Vous pouvez aussi décider d’entreprendre des démarches légales : demande de séparation légale de corps ou demande de divorce. Cette démarche inclura aussi l’attribution de la garde légale des enfants.

Même si les procédures pour la demande de séparation de corps ou de divorce sont à peu près les mêmes, des différences importantes existent au niveau des conséquences. Il est donc essentiel d’être bien renseignéE pour faire un choix éclairé.

Si vous n’êtes pas mariéE

Le Code civil du Québec ne reconnaît pas l’union libre (conjoints de faits). Le fait de vivre pendant plusieurs années avec une personne ne vous assure pas de protection lors d’une rupture. Vous ne pourrez pas bénéficier, par exemple, de la loi sur le patrimoine familial, de la prestation compensatoire, ni n’aurez droit à la succession de votre conjointE s’il ou elle décède.

Cependant, comme conjoints de faits, si vous avez des enfants, la loi donne aux parents la même autorité parentale, les mêmes obligations alimentaires et les mêmes responsabilités envers les enfants.

Dans tous les cas de séparation ou de divorce, nous vous conseillons de consulter unE avocatE.

La garde légale des enfants

Qui dit séparation ou divorce, dit attribution de la garde des enfants. Cette étape est importante et déterminera aussi les droits et conditions de visites ou d’accès des deux parents. Votre avocat vous guidera dans la procédure à suivre et veillera à défendre vos intérêts. Le tribunal ordonnera la garde des enfants en veillant à protéger d’abord et avant tout l’intérêt de l’enfant.

Résilier son bail

Depuis quelques années, si vous êtes victime de violence conjugale, de votre conjointE ou ex-conjointE, que vous craignez pour votre sécurité et pour la sécurité de vos enfants, la loi vous permet de demander la résiliation de votre bail. Cette résiliation prendra effet 3 mois après l’avis envoyé au locateur, ou 1 mois après l’envoi de l’avis, si vous avez un bail à durée indéterminée ou de moins de 12 mois.

Cliquez ici pour accéder au formulaire de résiliation de bail.


Si vous regrettez

Vous regrettez d’avoir porté plainte, vous pensez même à ne plus poursuivre ou à reprendre vie commune avec votre conjointE... Vous avez honte, vous vous sentez coupable, vous avez peur que votre conjointE se venge, vous subissez des pressions de la famille, vous avez pitié de l’autre, le processus judiciaire est long…

Toutes ces réactions sont normales et fréquentes. Il est important que vous en parliez avec quelqu’unE. Avant de faire quoi que ce soit, vous pouvez consulter des organismes spécialisés qui vous aideront à y voir plus clair, comme le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) ou les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.

Porter plainte, c’est un moyen de vous protéger. Personne ne peut prévoir une récidive de votre partenaire, mais vous pouvez faire tout ce qui est en votre pouvoir en utilisant les ressources disponibles pour assurer votre sécurité.

Quelle que soit l’issue du processus judiciaire, c’est un pas de plus que vous aurez fait pour briser le silence. Peu importe quelles étaient les circonstances, vous avez eu raison de dénoncer cette situation de violence.


 

Vous voulez trouver de l'aide


Plusieurs ressources existent pour vous aider, à Laval et ailleurs au Québec

EN CAS D’URGENCE : CENTRALE DES URGENCES 911
 
MAISONS D'HÉBERGEMENT :

SOS Violence-Conjugale
Téléphone : 1.800.363.9010
 
Maison Le Prélude
Téléphone : 450.682.3050
 

AUTRES RESSOURCES UTILES :

Bouclier d’Athéna
Téléphone : 450.688.6584
 

Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC)
Téléphone : 450.688.4581
Centre de santé et des services sociaux de Laval

      CLSC du Marigot
      Téléphone : 450.668.1803

      CLSC des Mille-Îles
      Téléphone : 450.661.2572

      CLSC du Ruisseau-Papineau
      Téléphone : 450.687.5690

      CLSC de Sainte-Rose
      Téléphone : 450.622.5110
 

Centre jeunesse de Laval
Information : 450.975.4150
Signalement : 450.975.4000
 
Division urgence sociale - Ville de Laval
Téléphone : 450.662.4595
 

Protection du citoyen de Laval (policiers municipaux)
Téléphone : 450.662.4242 ou 450.662.3400, poste 0