Table de Concertation en Violence Conjugale et Agressions à Caractère Sexuel de Laval

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Vous avez reçu une confidence d’une personne qui a été victime de la part d’un(e) professionnel(le)

Index de l'article
Vous avez reçu une confidence d’une personne qui a été victime de la part d’un(e) professionnel(le)
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Attitudes aidantes et nuisibles
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Aidantes nuisibles

Attitudes aidantes pour aider ces personnes

Lorsqu’une personne nous confie avoir été victime, il est possible d’avoir toutes sortes de réactions. Certaines d’entre elles aideront la personne à surmonter cette épreuve, alors que d’autres seront plutôt nuisibles. Voici quelques-unes de ces attitudes à privilégier et d’autres à laisser de côté :

Attitudes aidantes

Écouter et accueillir la personne

Les rapprochements sexuels entre unE professionnelLE de la santé et une personne cliente, comme toutes les formes d’agressions sexuelles, sont des expériences très douloureuses et difficiles à exprimer pour la personne qui en a été victime. Votre attitude d’ouverture aidera cette personne à mettre des mots sur ce qu’elle a vécu, à comprendre ce qui lui est arrivé et à se sentir moins seule.

Croire et valider les émotions

Vous devez vous centrer sur ce que la personne dit et vit. Il arrive souvent que les personnes victimes ne se sentent pas crues lorsqu’elles font un dévoilement. N’oubliez pas qu’il s’agit de son vécu et de sa perception. Se sentir crue par les gens à qui elle se confie aide la personne à se libérer des conséquences de l’agression sexuelle. En aidant la personne à exprimer ce qu’elle ressent et en normalisant ses réactions, ses émotions et ses sentiments (colère, rancœur, culpabilité, baisse de l’estime de soi, etc.), vous exprimerez à la personne que vous la croyez.

Déculpabiliser la victime

À cause des préjugés, la personne peut se sentir coupable de l’agression. En aidant la personne à comprendre qu’elle n’est pas responsable des gestes de l'individu qui l’a agressée, vous pourriez l’aider à surmonter les sentiments de honte et de culpabilité qu’elle vit, ainsi qu’à prendre des moyens pour s’en sortir. La responsabilité de la personne qui se confie est de prendre soin d’elle.

Respecter le choix et le rythme de la personne

N’oubliez pas que si vous souhaitez aider cette personne, vous devez aller à son rythme et non au vôtre, la laisser s’exprimer dans ses mots et à sa façon. La personne qui a été victime est la mieux placée pour choisir ce qui lui convient, ainsi que le meilleur moment pour agir. Vous pouvez l’accompagner dans ses actions sans la pousser ou la surprotéger. Vous pouvez aussi lui rappeler que si elle choisit de ne pas entamer de démarches pour le moment, elle aura toujours le choix de le faire plus tard si elle le souhaite.

Favoriser son autonomie

Peut-être avez-vous tendance à donner des conseils ou à dire quoi faire aux personnes pour les aider? Cette attitude est sûrement empreinte de bonne volonté, mais elle risque d’envoyer comme message « Tu as besoin de moi pour te sortir de cette situation ». Une personne qui s’est faite agresser sexuellement est une personne à qui on a imposé une chose qu’elle n’a pas souhaitée. Pour rebondir à la suite de cette agression sexuelle, la personne aura besoin de reprendre le pouvoir sur sa vie, de prendre elle-même ses décisions et de choisir pour elle. Vous serez davantage aidantE si vous permettez à la personne de cheminer dans ses réflexions, en valorisant ses « bons coups », mais en évitant de constamment remettre en question les choix qu’elle fait ou de porter des jugements. Peut-être que ce sera difficile pour vous, mais l’objectif est d’être supportantE et aidantE pour cette personne qui a été victime d’agression sexuelle.

Respectez vos limites

Si vous vous sentez incapable d’aider la personne, il est important de le lui dire et de l’aider à trouver une autre personne qui sera en mesure de le faire.

Attitudes nuisibles

Blâmer, culpabiliser ou responsabiliser la victime

Il faut éviter de sous-entendre que la personne qui a été victime a provoqué son agression et en est responsable en disant, par exemple, « Qu’est-ce que tu as fait pour que cette personne fasse ça? » ou « Tu as sûrement fait quelque chose pour que cette personne fasse ça! »;

Vous pourriez aussi éviter la majorité des phrases incluant les verbes « falloir » et « devoir » qui sous-tendent des jugements par rapport à la personne victime : « Tu aurais dû… », « Il aurait fallu que… », ou encore « Pourquoi tu n’as pas crié? » ou « Pourquoi tu ne t’es pas sauvéE? ».

Face à ces réactions, plusieurs victimes se taisent et restent seules avec leur problème. N’oubliez pas qu’une personne victime n’est pas responsable des gestes posés par la personne qui l’a agressée.

Ne pas croire la victime, lui dire qu’elle ment

Très souvent, les personnes qui ont été victimes gardent le silence de peur de ne pas être crues ou d’être jugées. Rappelez-vous qu’il est très rare que des personnes s’amusent à « jouer les victimes » et qu’on estime à seulement 2% le taux de fausses accusations 9. De plus, même si vous connaissez le-la professionnelLE impliquéE dans la situation rapportée par la personne victime, votre rôle n'est pas d’aller enquêter et-ou d’aller confronter cette personne pour vérifier la véracité des faits. Finalement, une attitude sceptique de votre part est à éviter.

Banaliser l’agression, dire à la personne qu’elle invente des histoires ou qu’elle grossit le problème  9

Rappelons que 90% des personnes qui ont été victimes d’inconduites sexuelles de la part de professionnelLEs de la santé vivent des conséquences négatives par la suite10. Beaucoup d’agressions sexuelles commises par des professionnelLEs de la santé sont ignorées ou prises à la légère. Si cette personne s’est confiée à vous, il faut éviter de justifier l’inconduite sexuelle d’unE professionnelLE en laissant croire que cela faisait partie du traitement, qu’il s’agissait surement d’une blague ou que la personne a surement mal compris l’intention de la personne professionnelle.

Prendre la défense de la personne agresseure ou justifier ses gestes

Trop souvent, on cherche à excuser les personnes qui ont posé des gestes d’agression sexuelle et à responsabiliser les victimes de cette agression. La personne qui a commis une agression sexuelle est responsable de ses gestes.

Demander à connaître tous les éléments de l’agression

Poser des questions directes à la personne ou essayer de lui soutirer des détails sur l’événement de l’agression sexuelle risque d’être une expérience pénible. Une personne peut être prête à parler de ce qu’elle a vécu sans souhaiter nommer tous les détails de l’agression. Il faut savoir qu’une personne qui parle de son vécu d’agression sexuelle risque de revivre certains éléments qui sont survenus (sons, odeurs, goûts, sensations physiques, « flashback » visuels, etc.). Si vous ne possédez pas les compétences nécessaires pour accompagner une personne qui a été victime d’agression sexuelle, évitez de questionner la personne sur les détails de l’agression.

Tourner la page ou ignorer

Une personne qui a été victime d’agression sexuelle passera par toute une gamme d’émotions. Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que l’expression de ces émotions est importante dans le processus de résilience; la personne a le droit de vivre et d’exprimer les sentiments qu’elle ressent.

Il est possible que vous soyez mal à l’aise avec l’expression de certaines émotions. En général, la tristesse et la colère sont les émotions qui causent le plus de malaise. Par contre, ce malaise vous appartient et vous n’avez pas le droit de le transférer à l’autre personne en lui demandant de cesser d’exprimer ses émotions. Des phrases comme « Voyons, tu exagères », « Il serait peut-être temps que tu passes à autre chose », « Il me semble que ça fait longtemps que tu pleures à cause de ça » ou « Arrête d’y penser et ça va passer » sont toutes des phrases à proscrire, car elles n’aideront en rien la personne; elles ne font qu’exprimer votre propre malaise.

Exprimer ses émotions ne signifie pas vivre dans le passé. L’agression sexuelle s’est produite dans le passé, mais les émotions elles, sont encore bien présentes. Une agression sexuelle peut avoir des impacts sur le reste de la vie d’une personne et il est possible que certaines émotions resurgissent ponctuellement, même après avoir eu de l’aide. Si vous souhaitez aider cette personne, prenez le temps de l’écouter sans jugement et sans vouloir aller plus vite qu’elle.

Légende & sources

  • 9) Pagé-Arpin, Maude Me. 2007. La divulgation des dossiers thérapeutiques des plaignantes en contexte de crimes sexuels : la preuve scientifique au service des mythes sociaux? », Les Cahiers de PV - Antenne sur la victimologie, no. 2 (avril). Op. cit. IN Association québécoise Plaidoyer-Victimes. 2008. « Les rapprochements sexuels entre un professionnel de la santé et un ou une cliente ».
  • 10) Bouhoutsos, J., Holroyd, J., Leiman, H. et al. 1983. « Sexual Intimacy Between Psychotherapists and Patients », Professional Psychol: Res and Pract, 14: 185-96., IN Ponton, Anne-Marie et Huguette Bélanger. 1994. « L’inconduite sexuelle : feux rouges », Le Médecin du Québec, Montréal : Fédération des Médecins Omnipraticiens du Québec, p. 49-55. IN Association québécoise Plaidoyer-Victimes. 2008. « Les rapprochements sexuels entre un professionnel de la santé et un ou une cliente ».