Table de Concertation en Violence Conjugale et Agressions à Caractère Sexuel de Laval

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Est-ce que vous avez des comportements violents auprès de votre conjoint?

Index de l'article
Est-ce que vous avez des comportements violents auprès de votre conjoint?
Femme violente dans le couple
Les conséquences de la violence (Impacts sur vous et sur vos proches)
Intégrer des ressources d'aide pour femmes ayant des comportements violents
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Femme violente dans le couple: qu'en est-il exactement?

La violence exercée par les femmes a déjà représenté un tabou. Longtemps, on a cru que les femmes étaient des êtres fondamentalement doux et dénués d’agressivité, ce qui contribuait aussi à les enfermer dans un certain stéréotype. D’un autre côté, dans les vingt dernières années, les médias ont véhiculé l’idée selon laquelle les femmes seraient aussi violentes que les hommes. Peut-être avez-vous entendu parler de certaines études1 qui, chiffres à l’appui, soutiennent que les femmes et les hommes sont, à part égales, victimes violence conjugale. Mais qu’en est-il exactement?

Tout d’abord, il faut se questionner sur la manière dont ces enquêtes sont réalisées. Par exemple, l’Enquête sociale générale compile comme gestes violents une gifle, tout comme un coup de poing causant des blessures sévères, sans que l’on sache dans quel contexte dans lequel ces gestes ont été commis. 

Sans excuser les gestes posés, il est important de rappeler que si certaines femmes peuvent exercer des comportements violents (Ex : menaces, gifles, etc.), les gestes violents entraînant des blessures sont, la plupart du temps, posés par des hommes. Au Canada, les hommes représentent 17% des victimes dans les cas déclarés de violence conjugale, tandis que les femmes victimes représentent 83%2 .

Au Québec, les hommes demeurent aussi très largement les auteurs de crimes relatifs à la violence conjugale (82%)3. Il importe donc de bien étudier les données avant de conclure rapidement que la violence est commise autant par les femmes que les hommes. 

Les comportements violents des femmes existent et ne doivent pas être niés, bien au contraire. Pour mettre fin à un comportement, il importe d’abord de l’identifier. 

Dans quels types de relations les femmes présentant des comportements violents évoluentelles? Michael Johnson, sociologue américain réputé, a repéré des comportements violents chez les couples et en a établi trois différentes catégories :
      

1) La première est celle de la « violence commune à l’intérieur des couples ». Dans cette dynamique, les deux conjoints exercent de la violence, souvent verbale et psychologique. Cette violence est occasionnelle, résulte de conflits mal gérés, d’importantes difficultés de communication et d’une incapacité des partenaires à gérer leur colère mutuelle. D’où une escalade des paroles, des émotions mal
contrôlées et une dynamique profondément malsaine. C’est dans cette dynamique que la plupart des femmes qui ont des comportements violents se retrouvent. Il s’agit ici de « violence expressive », résultant d’une mauvaise communication entre les conjoint-e-s.  

2) Johnson présente une deuxième catégorie de dynamique violente : le « terrorisme conjugal ». Dans cette dynamique, une personne contrôle chaque aspect de la vie d’une autre, avec des conséquences lourdes sur l’intégrité physique et/ou psychologique des victimes4.  Il s’agit ici de « violence intentionnelle » : les comportements violents visent une prise de pouvoir sur l’autre, et pas seulement l’expression d’une certaine agressivité. En d’autres termes, la violence devient le moyen choisi pour obtenir ce que l’on veut. Ce type de violence, selon Johnson, est très rarement exercé par des femmes, bien qu’elle existe et ne doive pas être niée.  


Ce que Johnson appelle le « terrorisme conjugal » est très semblable à ce que l’on définit au Québec comme étant la dynamique de la violence conjugale. Il s’agit d’une dynamique qui se répète, qui s’inscrit dans un cycle qui est faite d’intentions et qui vise une prise de contrôle sur la vie du partenaire:

Image_cycle_VC.jpg

 


Les conséquences sur les victimes, selon qu’il s’agisse de violence commune au sein des couples ou de terrorisme conjugal, sont aussi très différentes5. Des outils pertinents existent d’ailleurs pour différencier une chicane de couple et une dynamique de violence conjugale

3) Un troisième type de dynamique violente dans les couples existe, celui de la « violence de résistance ». Dans les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, les intervenantes entendent souvent les femmes tenter d’excuser les comportements violents de leur conjoint en disant : « Mais je suis violente, moi aussi… ». D’abord, il est plutôt rare qu’une personne présentant des comportements réellement violents les admette aussi facilement. Au contraire, plusieurs conjoints violents tentent de minimiser leurs gestes en accusant leurs partenaires d’être aussi violentes qu’eux : les femmes en viennent ainsi à douter d’elles-mêmes.  

Or, si votre conjoint vous frappe, par exemple, il ne serait pas surprenant que vous vous défendiez en le frappant à votre tour : vous n’initiez pas l’agression, mais tentez plutôt de la faire cesser. Au-delà de l’auto-défense, cette façon de faire est un mécanisme de protection. Vous pouvez, par exemple, lancer une poignée d’insulte au conjoint, qui hurle depuis une demi-heure, dans le but de faire cesser l’échange. Ces mécanismes sont défensifs et non pas offensifs : vous réagissez à la violence exercée. Malheureusement, ces réactions risquent d’intensifier la crise, et peuvent avoir un impact sur votre sécurité.

 Dans tous les cas, il faut se demander : quel conjoint a le plus de pouvoir sur l’autre ? Quelle est la gravité des gestes posés? En effet, les femmes sont, de loin, les plus susceptibles de subir des coups et blessures et de craindre pour leur sécurité. Si vous vous reconnaissez plutôt comme femme victime de violence conjugale, cliquez ici.  

Aucune forme de violence n’est plus acceptable qu’une autre, cela va de soi. Et si vous vous reconnaissez dans l’une ou l’autre des situations présentées, sachez que de l’aide existe pour vous en sortir. Dans ces trois types de dynamiques violentes en contexte conjugal, votre sécurité et celle de vos proches pourrait être en danger.  

Il importe donc d’être très vigilant-e-s en ce qui a trait à la détection des comportements violents chez les femmes, pour apporter une aide adéquate.  




1 On peut penser à l’Enquête sociale générale de 2009 en violence conjugale.
Statistiques Canada 2008.
3 Ministère de la sécurité publique 2012
Par exemple, 60% des victimes de terrorisme conjugal disent craindre pour leur vie, ce qui n’est le cas que de 9% des victimes de violence commune au sein des couples, tous sexes confondus (Ansara et Indin 2010).
Archer 2000)